Bien sûr je pourrais parler du socle physique, nos pieds, nos fessiers, nos bras, notre tête etc, selon les postures que nous pratiquons, mais ici je viens parler du socle respiratoire. C’est notre respiration qui va être la base de notre pratique, en nous donnant les indications nécessaires pour ajuster l’intérieur et l’extérieur, l’invisible et le visible. On pourra faire une jolie posture « pour la photo » mais si la respiration qui l’accompagne n’est pas harmonieuse on ne fera pas du yoga …

Il m’arrive souvent de dire à un-e participant-e « qu-est-ce que tu est beau-belle dans cette posture ! » parce que je sens, je vois quand la personne l’habite de tout son être dans le respect de l’écoute de son souffle et des ses sensations physiques, reliée.

Le souffle est le socle que l’on a à travailler, que l’on doit entraîner pour que notre corps devienne un véhicule le plus confortable possible. S’il est saccadé, s’il se bloque, s’il est trop fort etc, c’est que la façon dont nous sollicitons notre corps n’est pas respectueuse de nos possibilités du moment. Nous devons gentiment apprivoiser notre souffle, le laisser guider, accompagner nos mouvements et vivre notre posture de l’intérieur dans l’équilibre.

Peu importe si je respire différemment des autres, peu à peu mon rythme respiratoire s’harmonise, j’écoute le son de l’air dans ma gorge comme si j’écoutais et me laissais bercer par le doux bruit de la mer au bord d’une plage paisible. C’est l’ujjai qui me relie à l’inspir et l’expir séparés par une légère suspension pour que leur enchaînement soit agréable et léger.

Mon inspir est courte ? Je lève les bras rapidement. Elle est longue je fais le mouvement plus lentement. J’ajuste en permanence la longueur de ma respiration avec la vitesse de mon mouvement. De cette façon j’apprends à me connaître, m’écouter, me respecter et j’avance à partir de ce socle sur lequel s’appuie tout mouvement extérieur et par le regard de ma conscience de plus en plus éclairée, j’avance.